Les deux co-pilotes du plan “Rénovation énergétique des bâtiments”, Marcel Torrents (Delta Dore) et Jacques Pestre (Point.P), ont présenté les premières pistes de leur rapport d’étape.

 

 

Source : www.batiactu.com

1/ “Je rénove, j’éco-rénove” : L’efficacité énergétique n’est pas la première raison pour entamer des travaux. De même, nombre de travaux de rénovation de type “changement de toiture” ou “ravalement décennal” oublient l’efficacité énergétique. Les auteurs proposent donc, “afin d’embarquer la rénovation” dans le processus, de passer de “j’éco-rénove, j’économise” (slogan de la campagne lancée par le ministère du Logement, ndlr) à “Je rénove, j’éco-rénove”. Avec un point essentiel : sans demander plus d’aides à l’Etat, qui devront être réorientées différemment.

2/ RGE, colonne vertébrale de la rénovation : Le label Reconnu garant de l’environnement devra être au cœur de la relance de la rénovation, indiquent les co-pilotes. Ils le verraient ainsi se substituer à l’éco-ptz et autres CIDD, encore peu lisibles et mal appréhendés par les établissements bancaires. Mais surtout, clament-ils, “pas de nouveau report de l’éco-conditionnalité ! A nous d’avoir le maximum d’entreprises RGE au 1er juillet 2014“. La recette ? Simplifier, ne rien inventer pendant 2 ans, pérenniser Feebat, créer un logo RGE unique ou encore créer un RGE négoce-associé, après Etudes et Industries annoncés au moment de Batimat. “Mais RGE doit avant tout être associé aux artisans. Ne leur faisons pas peur“, insiste Jacques Pestre, qui souligne que l’idée n’est pas de banaliser ce label, mais de “faire monter la masse dans une démarche pragmatique, pour envisager une progression ensuite“.

3/ Simplicité et lisibilité des aides aux ménages : Là encore, pas de révolution avant 2017, lancent les auteurs. “Mais des aménagements sur les bouquets de travaux, avec une grille plus harmonisée, élargie et bonifiée en performance dès 2015“, pourraient être une solution. Une autre serait aussi de conserver le DPE, à court terme, et de le faire ensuite progresser qualitativement. L’idée d’une TVA unique sur les travaux de rénovation pourrait aussi être étudiée, “dès lors qu’un certain seuil/quota de CEE y est inclus“. Un pavé dans la mare, et sans doute un gros casse-tête pour Bercy…

Pour aider les particuliers, pourquoi ne pas rendre possibles les travaux par étapes, sans pénalisation pour les aides, se demandent Marcel Torrents et Jacques Pestre. Enfin, à long terme, ils souhaitent que l’Etat arrive à se désengager de ces financements (hors programme de précarité énergétique, Habiter mieux…) et clarifie le partage de financements publics-privés, via des “prêts immobiliers” auprès des banques adossées à la Caisse des Dépôts.

4/ Ambition 2050 : Et elle est de taille ! “Tous les bâtiments devront atteindre la classe A ou B de DPE à horizon 2050“, avancent les co-pilotes. Comment ? En mettant en place des mesures de court terme, telles que l’obligation de certains travaux (toiture, façades…) dans la loi sur la transition énergétique de 2015 ; l’évolution du diagnostic de performance vers un DPE+ qui serait exprimé en €/m2 ; l’introduction d’un passeport du bâtiment, sorte de carnet d’entretien qui intégrerait tous les éléments concernant le bâtiment, via les outils de la maquette numérique. Mais les auteurs évoquent également des “mécanismes doux”, qui donneraient la possibilité de retarder les travaux mais en subissant un bonus/malus sur la taxe d’habitation ou la taxe foncière… Pas sûr que cette mesure trouve un écho favorable pour le moment !

5/ La rénovation 3.0 : Ou comment mettre en œuvre la maquette numérique et les outils du BIM. Pourquoi ne pas créer un outil de Scan 3D portatif conçu par un groupement d’industriels, s’interrogent les auteurs du rapport. Si la maquette numérique progresse en France, la bataille sera avant tout celle des normes, reconnaissent l’ensemble des acteurs de la filière.

6/ Cluster négoce-industriels qui s’engage : L’idée est nouvelle, et elle est de créer un cercle d’industriels et de négoces qui prendrait en main la filière de la rénovation énergétique. Il proposerait des campagnes de communication propres, des simplifications normatives et réglementaires. Ce serait une sorte de chambre d’écho de la filière qui miserait sur la collaboration et la coopération entre les métiers du bâtiment, ou développerait des plates-formes en région et prendrait en compte les spécificités des territoires. Le débat reste ouvert…